Libres.
Vous ne nous appartenez pas. Votre nom, vos idées, vos créations restent les vôtres.
Aion Builders
Faites défiler
Le salariat vous offre une équipe et vous prend votre liberté.
Le freelance vous rend votre liberté et vous laisse seul.
Nous avons refusé de choisir.
Alors nous avons repris une vieille idée : la guilde.
Les ateliers de maîtres, sans la lourdeur du compagnonnage.
Vous ne nous appartenez pas. Votre nom, vos idées, vos créations restent les vôtres.
Ici, on ne se contente pas de concevoir. On sort des choses.
Un cadre, une parole tenue envers les clients, et pour le reste, chacun avance comme il l’entend.
Chacun apporte à la hauteur de ses moyens. C’est la seule règle qui ne se négocie pas.
Chaque création porte le nom de ceux qui l’ont faite.
Sinon, à quoi bon être libres ?
Nous rassemblons ceux qui créent seuls, et nous bâtissons autour d’eux tout ce qu’une équipe leur offrirait : des projets en commun, de l’entraide, de quoi apprendre et de quoi lancer.
Comment le droit français a organisé le travail et la création, de la première presse parisienne à l’IA. À chaque étape, ce que l’individu y gagne et ce qu’il y perd.
Chaque date ouvre ses textes et ses sources. Brouillon, avant relecture par un historien.
Paris, la Sorbonne
1470
Fichet et Heynlin font venir trois typographes à la Sorbonne. À côté, nombre de métiers s’organisent en communautés : apprenti, compagnon, maître.
« une grâce fondée en justice »
Le privilège de librairie, défini par l’arrêt du Conseil du 30 août 1777
Les lettres de Gasparino Barzizza n’ont ni titre, ni adresse, ni date. L’année 1470 est déduite du registre du prieur de la Sorbonne.
Il existe des métiers libres, et des faubourgs privilégiés comme Saint-Antoine échappent aux jurandes. Les communautés sont plus fermées au XVIe siècle, plus ouvertes au XVIIIe.
On dit alors communauté, corps de métier, jurande, maîtrise. « Corporation » au sens de groupe de métier n’est attesté qu’en 1672 et se répand au XVIIIe siècle. « Guilde » est notre mot, pas celui des textes français.
Il n’est pas un droit d’auteur : c’est une grâce limitée dans le temps, qui rembourse surtout les frais de l’imprimeur. Les premiers datent du tournant du XVIe siècle, entre 1498 et 1507 selon les sources.
Citation relue sur le texte. Le tableau des métiers repose sur des sources secondaires : à recouper par un historien.
Février
1776
Un édit supprime jurandes et communautés. Turgot est renvoyé en mai. En août, un nouvel édit recrée des corps à Paris.
« a fait du droit de travailler la propriété de tout homme, et cette propriété est la première, la plus sacrée et la plus imprescriptible de toutes. »
Préambule de l’édit
L’article IV excepte la pharmacie, l’orfèvrerie, l’imprimerie et la librairie. L’article XXIII suspend la suppression dans les villes de province, le temps de régler les dettes des communautés.
Les articles XIII et XIV défendent aux maîtres, compagnons, ouvriers et apprentis de former association ou assemblée. Le Chapelier aura un précédent.
L’édit n’est pas simplement retiré : Paris retrouve six corps de marchands et quarante-quatre communautés sous des règles nouvelles, et vingt-deux métiers restent libres.
La Richesse des nations paraît le 9 mars 1776, après la rédaction de l’édit. La coïncidence est belle, mais aucune influence n’est démontrable.
Citation relue sur l’édition Daire. Les chiffres de l’édit d’août viennent d’une source secondaire : à confirmer sur Gallica.
2 mars
1791
Le décret d’Allarde supprime maîtrises et jurandes à compter du 1er avril. La liberté a un prix, une patente, qui est aussi un impôt.
« il sera libre à toute personne de faire tel négoce, ou d’exercer telle profession, art ou métier qu’elle trouvera bon »
Article 7
Il parle de maîtrises et de jurandes, jamais de corporations. Et la phrase célèbre continue : « mais elle sera tenue de se pourvoir auparavant d’une patente », et de se conformer aux règlements de police.
Janvier 1791 reconnaît aussi l’inventeur et l’auteur. Loi sur les brevets, article 1er : « Toute découverte ou nouvelle invention, dans tous les genres d’industrie, est la propriété de son auteur. » Loi sur les spectacles, rapport de Le Chapelier : l’ouvrage, fruit de la pensée d’un écrivain, est « la plus personnelle de toutes les propriétés », mais d’un genre à part, puisqu’il devient public cinq ans après la mort de l’auteur.
D’Allarde, le 15 février : « La faculté de travailler est un des premiers droits de l’homme. »
Voté le 2 mars. Les lettres patentes portent le 17, mais le garde des sceaux annonce une sanction du 15. D’où l’usage : « loi des 2-17 mars ».
Article 7, rapports et brevets lus sur fac-similé lors de la recherche, à recopier une dernière fois sur l’image avant publication.
14 juin
1791
Trois mois plus tard, la loi Le Chapelier interdit de rétablir les corps de métier. Elle vise ouvriers et entrepreneurs : ni syndic, ni registre, ni entente sur les prix.
« Il n’y a plus de corporation dans l’État, il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général. »
Le Chapelier devant l’Assemblée
Ce n’est pas cette loi qui abolit les corporations : c’est le décret de mars. L’article 1er interdit de « les rétablir de fait, sous quelque prétexte et quelque forme que ce soit ».
Les historiens discutent encore. Peur d’une agitation ouvrière pour les uns, radicalisation de l’individualisme libéral pour les autres. Le Chapelier invoque lui-même les assemblées d’ouvriers qui se multiplient. Et il souhaite, à la tribune, un salaire « un peu plus considérable qu’il ne l’est à présent ».
La loi survit à tous les régimes jusqu’en 1884. En 1864, seul le délit de coalition disparaît.
Citation et article 1er relus sur les sources. Les motivations restent un débat d’historiens.
21 mars
1804
Le Code civil ne connaît pas le contrat de travail, seulement le louage. Et depuis 1803, l’ouvrier qui voyage sans livret est réputé vagabond.
« Le maître est cru sur son affirmation »
Article 1781, abrogé le 2 août 1868
Loi du 22 germinal an XI et arrêté du 9 frimaire an XII. Il consigne les employeurs successifs et les avances. Le patron peut le garder, et l’ouvrier endetté ne peut partir avant d’avoir remboursé.
La coalition est punie dès 1791 et 1803. Le Code pénal de 1810 frappe les ouvriers plus durement que les patrons. Une loi de 1864 lève le délit, sans autoriser les associations.
La série de Marchand et Thélot ne montre pas de hausse du salaire réel ouvrier de 1820 à 1860, alors que la production croît. Ensuite, il progresse : environ 7,5 fois plus de pouvoir d’achat entre 1820 et 1996.
Articles 1780 et 1781 relus sur le texte de 1804. Le texte même du livret et les articles de 1810 restent à lire.
24 juillet
1867
Jusque-là, une société anonyme passait par le gouvernement et le Conseil d’État : douze à dix-huit mois de procédure.
642
sociétés anonymes créées sous le régime d’autorisation, soit 11 par an (Hissung-Convert et Fournes Dattin, 2016)
L’article 21 abroge l’autorisation préalable du Code de commerce de 1807, en échange de règles : commissaires aux comptes, réserve légale. Une loi du 23 mai 1863 avait ouvert la voie pour les sociétés de 20 millions de francs au plus.
La loi ne crée pas la grande entreprise. Elle en donne le cadre. Pour l’expliquer, Coase (1937) parle du coût de passer par le marché, et Chandler (1977) de la hiérarchie des managers salariés, sur le cas américain. Ni l’un ni l’autre ne décrit la France.
Article 21 et chiffres relus dans une notice universitaire, le texte de loi reste à lire. Le lien avec les grandes firmes est notre interprétation.
21 mars
1884
Quatre-vingt-treize ans après, la loi Waldeck-Rousseau abroge la loi Le Chapelier. Les syndicats se constituent sans autorisation du gouvernement.
« Sont abrogés la loi des 14-17 juin 1791 et l’article 416 du Code pénal. »
Article 1er
Article 7 : « Tout membre d’un syndicat professionnel peut se retirer à tout instant de l’association, nonobstant toute clause contraire ». Une leçon pour toute guilde.
Article 3 : les syndicats ont « exclusivement pour objet l’étude et la défense des intérêts économiques, industriels, commerciaux et agricoles ». Leurs dirigeants doivent être français, et leur droit de posséder des immeubles reste limité.
On lit souvent que Le Chapelier tombe en 1864. C’est faux : le texte de 1884 l’abroge encore.
Articles 1er, 2, 3 et 7 relus sur Wikisource. À recopier depuis le Journal officiel du 22 mars 1884 avant publication.
6 juillet
1931
L’arrêt Bardou écarte la dépendance économique. Gérant d’une succursale à Toulouse, Bardou n’est pas reconnu salarié : ce qui compte, c’est le lien juridique.
« la qualité de salarié implique nécessairement l’existence d’un lien juridique de subordination »
Arrêt Bardou, chambre civile
Le droit français lie ici deux choses : on est protégé parce qu’on obéit. Toute la question de l’indépendant part de cette phrase.
La loi du 9 avril 1898 fait du risque professionnel le fondement de la réparation des accidents : plus besoin de prouver la faute de l’employeur, en échange d’une indemnité forfaitaire. Le Code du travail de 1910 n’est d’abord que son Livre Ier, une compilation de lois déjà votées.
L’expression « subordination juridique permanente » circule, mais elle n’est pas dans l’arrêt tel que le rapportent nos sources.
Formule relue chez Sintez. L’arrêt lui-même reste à lire au Dalloz périodique, et la référence varie (DP 1931, 1, 121 ou 131).
4 octobre
1945
L’ordonnance organise la Sécurité sociale pour les salariés. Le projet se voulait universel, mais l’extension à tous est ajournée.
72 % → près de 90 %
part des salariés dans l’emploi, de 1962 à 2007 (INSEE)
En 1947, leur mobilisation, menée notamment par Léon Gingembre, bloque l’affiliation au régime général. La loi du 17 janvier 1948 crée leur assurance vieillesse, celle du 12 juillet 1966 leur assurance maladie.
Le recul du non-salariat tient largement au déclin de l’agriculture : les exploitants passent de 16 % à 2 % de l’emploi entre 1962 et 2007. Il ne dit pas à lui seul qu’une liberté se perd.
La loi du 20 juin accorde quinze jours de congés payés, dont douze ouvrables, après un an de service. L’image des foules à la mer se construit après coup : les grands départs viennent surtout dans les années 1950 et 1960.
L’ordonnance du 23 septembre crée le groupement d’intérêt économique : s’unir sans fusionner, sans capital, pour prolonger l’activité de chacun. Le prix existe : ses membres répondent des dettes sur leur patrimoine, solidairement sauf convention contraire.
Chiffres INSEE et chronologie des indépendants relus. Les ordonnances de 1945 et la rédaction de 1967 restent à lire, le GIE à faire relire par un juriste.
30 avril
1993
Depuis ce laboratoire international à la frontière franco-suisse, chacun peut utiliser, copier, modifier et redistribuer le code. Publier ne demande plus de passer par un éditeur.
« CERN relinquishes all intellectual property rights to this code, both source and binary form »
Déclaration signée par Hoogland et Weber
Cette étape ne relève pas du droit français, pas plus que celle de l’IA. Elle change pourtant la condition des créateurs en France.
Le code de référence, pas « le Web » en général, et encore moins Internet. Dès 1994, la version suivante passe sous licence open source.
Stallman annonce GNU le 27 septembre 1983 et quitte le MIT en janvier 1984 pour l’écrire. La licence GPL date de février 1989.
Principe de la loi de 1957, repris dans le Code de 1992, article L. 111-1 : « L’auteur d’une œuvre de l’esprit jouit sur cette œuvre, du seul fait de sa création, d’un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous. »
Citation relue sur la page du CERN, pas sur la déclaration elle-même. « Domaine public » est évité à dessein : en droit français, la renonciation se discute.
1er janvier
2009
La loi de modernisation de l’économie crée le régime de l’auto-entrepreneur, renommé micro-entrepreneur fin 2014. Fin 2022, ils sont 1,77 million d’actifs.
670 €
de revenu d’activité moyen par mois en 2022, et 31 % d’entre eux ont aussi une activité salariée (INSEE)
Une moyenne n’est pas un niveau de vie : beaucoup ont un autre revenu. Et 3 millions de comptes ne font pas 3 millions d’actifs : fin 2025, 1,66 million déclarent un chiffre d’affaires.
Les non-salariés passent de 10,5 % à 11,7 % de l’emploi entre 2019 et 2024 (calcul sur les données INSEE), tirés par les micro-entrepreneurs.
Take Eat Easy (2018) et Uber (2020) : le statut ne dépend ni de la volonté des parties ni du nom du contrat. Ces arrêts jugent des cas précis, et ne font pas de tout travailleur de plateforme un salarié. Une directive européenne de 2024 crée une présomption, à transposer avant le 2 décembre 2026.
Coopératives d’activité et d’emploi en 2014, portage salarial en 2015 : on tente déjà d’avoir les deux. Le revenu dépend toujours du chiffre d’affaires, et une part finance les services communs.
670 € et 31 % relus sur la page INSEE. À préciser : avant ou après cotisations. Transposition de la directive à vérifier à la date de publication.
30 novembre
2022
En expérience, des tâches d’écriture vont 40 % plus vite, pour une qualité supérieure de 18 %. Mais les premières données sur les freelances vont dans l’autre sens.
−21 %
d’offres de freelances sur l’écriture et le code exposés, huit mois après ChatGPT (Demirci et al., 2025)
Sur plateforme, les offres et les revenus baissent à court terme, et les offres restantes sont plus complexes et mieux payées. Au Danemark, Humlum et Vestergaard écartent tout effet supérieur à 2 % sur les salaires et les heures, deux ans après.
Chez Doshi et Hauser (2024), les idées de GPT-4 rendent les histoires d’écrivains amateurs plus créatives, surtout chez les moins créatifs, mais elles se ressemblent davantage.
Nous pensons que le coût de se coordonner baisse, et que de petits groupes pourront faire ce qui exigeait une grande entreprise. Ce n’est pas démontré : aucune étude lue ne montre que l’IA générative fait rétrécir les firmes, et les grandes entreprises ont encore gagné des emplois en France entre 2012 et 2022, par le jeu des rachats. Nous le signons comme un pari.
Chiffres de Demirci et de Noy-Zhang relus. Aucune de ces études ne porte sur la France : la lacune reste à combler.
En 1791, la France a aboli ses guildes. C’est ici qu’elles renaîtront.
La suite reste à écrire.
Nous écrivons et défendons ce nouveau paradigme
Aux créateurs de ce temps :
Une série d’essais par lesquels ceux qui se veulent les fondateurs et les penseurs de l’ère qui s’ouvre exposent leurs raisons, les soumettent au jugement de tous, et en répondent sous leur propre nom.
Fais grandir la guilde de tes talents.
Rejoindre la guildeFondée en 2026 par Killian Di Vincenzo